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Sphaignes abritant des droseras rotundifolia

L’écosystème de la tourbière du Mougau à Commana

La tourbière du Mougau à Commana est un site protégé qui abrite un écosystème remarquable. Pour fixer le cadre naturel du site, la tourbière se niche sur le bassin versant d’une ligne de crête des monts d’Arrée à Commana. Par définition, une tourbière est une zone naturellement humide qui regorge d’eau en permanence. Ici, la nature du sol en schiste imperméable rend le sol quasiment imperméable. D’autre part une pluviométrie abondante contribuent à l’équilibre de l’écosystème où la sphaigne joue le rôle d’éponge. Par ailleurs, la tourbière est un milieu de vie asphyxiant qui empêche la décomposition des végétaux. Les végétaux morts tombent au fond de la tourbière . Ils forment alors une matière inerte qui se transforme en tourbe au fil des siècles.

Ecosystème de la tourbière du Mougau à Commana
La tourbière du Mougau est une vaste cuvette alimenté par le bassin versant dont la ligne de crête est le prolongement de la chaîne montagneuse de Saint-Michel de Braspart

La sphaigne est une véritable éponge végétale

sphaignes et droseras au Mougau sont présentes dans l'écosystème de la tourbière du Mougau
Sphaignes abritant des droseras rotundifolia

Dans l’écosystème de la tourbière du Mougau, la sphaigne joue un rôle important. Puisque cette mousse particulière accumule jusqu’à trente fois son poids en eau. Elle favorise aussi l’implantation de plantes hôtes comme notamment le Drosera rotundifolia

L’écosystème de la tourbière du Mougau favorable au Drosera à feuilles rondes

Droséra à feuilles rondes : Comme son nom le suggère les feuilles sont rondes. Le port du droséra s’étale en rosette dont la dimension totale n’excède pas 5 cm. C’est dire si les feuilles portées par des tiges frêles sont minuscules. Pour préciser, leur diamètre est de l’ordre de 8mm. Le Droséra à feuille ronde pousse au milieu des sphaignes qui lui assurent le couvert. Cette plante carnivore secrète un suc qui attire les insectes. Ce suc gluant scotche littéralement les insectes. Une dégradation enzymatique permet au Droséra de récupérer les nutriments nécessaires à sa survie. En effet, le milieu acide de la tourbière ne suffit pas à la survie de cette petite plante carnivore.

Drosera à feuilles rondes au Mougau
Scorzonera humilis, la Scorsonère des prés, Petite scorsonère ou Scorzonère humble,

Scorsonère des prés dans les tourbières du Mougau

La Scorsonère des prés est une plante rare de la famille des Astéracées. La scorsonère des prés est hygrophile c’est à dire qu’elle pousse dans des endroits humides en toute période de l’année. Elle fleurit généralement de mai à juin. Cette plante trouve donc son biotope dans les tourbières du Mougau à Commana.

La linaigrette est une plante de zones humides

La linaigrette est une plante commune dans les zones humides des plaines jusqu’à la haute montagne. Elle a toutefois vu son territoire diminuer considérablement en raison de l’influence de l’homme sur l’environnement. Les tourbières de Yeun Elez dans les monts d’Arrée abritent une population diffuse de linaigrettes. Elles trouvent dans les tourbières des conditions idéales de développement.

La linaigrette, mode de reproduction

La plante en fleur développe des capitules en ombelle qui contiennent les akènes entourés de fils soyeux. Ce dispositif permet au vent de les emporter pour assurer la reproduction. La plante produit aussi des stolons qui conquièrent ainsi de nouveaux espaces. En raison des caractéristiques visuelles, la linaigrette est aussi appelée coton des marais.

L'écosystème de la tourbière du Mougau - Polygala
Fleur bleue non identifiée dans la tourbière . Si vous en connaissez le nom, je suis preneur. Merci à Michel BARACETTI pour l’information : C’est une Polygala voir le commentaire de l’auteur ci-dessous.

Films et documentaires de Michel BARACETTI qui m’a donné le nom de cette fleur bleue qui est une polygale. Lien vers ce réalisateur naturaliste

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Cet article a 14 commentaires

  1. By Marie

    Une série qui m’a ravi les yeux et le coeur. Superbe

    1. Sergio

      Si passant à Commana au printemps ou au début de l’été voici ce que tu trouveras sous condition de perspicacité.

  2. Pascale MD

    Bon jour Sergio,
    Les tourbières sont vraiment des endroits à préserver.
    Magnifiques les Droseras, jamais je n’en ai vu dans la nature.
    Désolée, je ne peux t’aider pour la dernière fleur.
    Merci pour ce partage et bonne soirée

    1. Sergio

      Pour en trouver, il faut un milieu humide en permanence, c’est à dire des tourbières.

  3. Colo

    Tout à fait inconnues ici bien sûr, je suis émerveillée par la beauté de ces plantes…grâce à tes superbes photos.
    Un tout grand merci.

  4. Jean SCHMITT

    Une publication très enrichissante et très bien faite. De merveilleuses photos aussi. Bravo. Amitiés

    1. Sergio

      En fait ces droséras sont minuscules. A un tel point qu’il faut vraiment être attentif pour les distinguer. Mais la quête est largement récompensée par le spectacle de la vie dans la tourbière

  5. Je ne connaissais du drosera que son action sur la toux. J’aime beaucoup la quatrième photo.
    Toutes ces plantes qu’on ne voit pas habituellement ont chacune leur charme. Ce milieu est très riche.
    Merci d’avoir arpenté les tourbières (bottes aux pieds?) et d’avoir rapporté de ton périple ces spécimens , souvent inconnus.

    1. Sergio

      Il n’est pas nécessaire de prendre des bottes car le département à aménagé un circuit qui permet de ne pas marcher dans la tourbière. Dès lors que l’on s’écarte du chemin, commencent les soucis…

  6. Michel BARACETTI

    La dernière photo représente un Polygala, étymologiquement “beaucoup de lait”.
    Les bêtes qui consomment cette plante produisent beaucoup de lait. ??
    Les fleurs peuvent être de couleur, bleues, roses ou blanches.

    1. Sergio

      Merci pour la visite et l’appréciation. Le point de départ d’une photo est l’observation. Ensuite si le sujet procure de ‘intérêt ou de l’émotion la photo est un moyen de communication pour faire passer un ressenti. Par ailleurs, ne dit-on pas qu’une bonne photo parle d’elle même. Cependant de mon point de vue, une bonne photo a plus d’intérêt quand elle est documentée. C’est donc la démarche que je privilégie même si elle est davantage contraignante qu’une simple publication d’un cliché aussi réussi soit-il.

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