ARAD, patrimoine urbain en Transylvanie

 L’architecture d’Arad est de style austro hongrois

Située au cœur de l’Europe, Arad a connu une histoire mouvementée. Elle a d’abord été partie intégrante de la Dacie peuplée de celtes. Au fil du temps elle a subi l’influence de nombreux courants migratoires.  Durant de nombreux siècles Arad est restée sous la domination hongroise. Cette histoire riche et tourmentée se retrouve dans l’architecture d’une richesse extrême de style austro  hongrois. Rien d’étonnant à celà car la ville a été sous le contrôle du royaume des Habsbourg. Arad n’est rattachée définitivement à la Hongrie que depuis 1918.

Arad, l’industrieuse

Arad est une ville moyenne de 172000 habitant à l’Ouest de la Roumanie. Elle est proche de la frontière hongroise et Serbe. C’est une ville  universitaire et industrielle.  Des manufactures textile, de confection, de chaussures, de jouets, de meubles constituent un bassin d’emploi dynamique. Du côté industriel, une usine produits des trains,  des wagons et des tramways pour les besoins nationaux et internationaux.

Office de tourisme aux abonnés absents

Comment faire pour découvrir l’architecture d’Arad et se guider dans une ville que l’on ne connait pas. L’idée la plus simple est de se déplacer à l’office du tourisme de la ville dont l’adresse figure sur un guide de voyage. Arrivé à l’adresse indiquée, une affiche indique que l’office fermé est déplacé boulevard de la Révolution. L’adresse fournie est une bibliothèque universitaire. L’accueil est courtois, il m’est signifié que je suis dans une annexe universitaire et qu’ils ne peuvent pas fournir d’informations touristiques utiles. Je repars néanmoins avec un plan de la ville c’est à dire le minimum pour se repérer. Qu’à cela ne tienne, je découvrirai la ville par mes propres moyens. Les bâtiments remarquables sont recensés. Le recensement du patrimoine urbain d’Arad est exhaustif. D’un point de vue informatif tout reste à réaliser en l’absence de panneaux d’information.

Arad, la belle endormie

Le site de la ville donne quelques informations sur les styles architecturaux rencontrés. Sont cités, les styles baroque, renaissance, éclectique, classique, néo gothique, et sécession. Tout ça me suggère que la ville d’Arad est une belle endormie qui ne mise pas sur le tourisme. Dommage, un tel patrimoine mériterait une reconnaissance qui en assurerait aussi la pérennité.

Le boulevard de la Révolution

Le boulevard de la Révolution est une longue et très large artère qui comporte un terre plain central arboré abritant le réseau ferré des tramways et les stations. Les bâtiments peints en blanc évoquent la prospérité d’Arad entre le 18e et le 20e siècle. Le boulevard de la Révolution  présente forte unité architecturale. Les points remarquables sont l’hôtel de ville de style néo-renaissance,  l’édifice de l’université Aurel Vlaicu et le prestigieux Théâtre Classique Ioan Slavici. L’arrière du théâtre s’ouvre sur la place Avram Iancu entourée de nombreux cafés et restaurants. C’est ici que s’arrête le long boulevard de la Révolution.

La rue Metianu et la place de la Cathédrale

La rue Metianu est perpendiculaire à la place Avram Iancu. Il est agréable de flâner dans cette rue commerçante très bien restaurée, où des bancs publics au beau design invitent à faire des pauses. La rue Metianu se termine place de la cathédrale, sur cette place se tient un marché alimentaire quotidien ouvert toute la journée.

Le parc de la Réconciliation – Parcul Reconcilieri

Cette esplanade est chère aux habitants d’Arad. Elle comporte deux monument. La statue de la Liberté érigée en 1890 rend hommage à 13 officiers hongrois exécutés en 1849 après le soulèvement hongrois contre le pouvoir des Habsbourg. L’Arc de Triomphe érigé en 2004 rend hommage aux combattants roumains tués pendant cette même insurrection.

Arad, la gare ferrovière

La gare ferrovière d’Arad est un nœud de communication important. De cette gare il est possible d’atteindre toutes les destinations de Roumanie. La gare d’Arad permet aussi d’acheter un billet à destination de Budapest. La gare qui a subi un programme de rénovation important est désormais conforme aux standards européens. La sécurité n’est pas non plus laissée de côté, en effet des vigiles assurent en permanence la sécurité des voyageurs. Aux alentours immédiats de la gare, le centre commercial Atrium Mall accueille une clientèle aisée. Alors que dans les environs immédiats, une jeunesse perdue snife de la drogue. Devant des regards aussi égarés, le bon sens veut que l’on passe son chemin.

Arad, les marchés alimentaires

Deux marchés alimentaires quotidiens sont localisés l’un,  place de la cathédrale, l’autre place Mihai Viteazul. Le premier est un marché de centre ville le second est un marché de producteurs locaux qui proposent une grande diversité de légumes et autres productions de terroir. Il y a aussi des herboristes qui proposent des préparations issues de plantes aux propriétés médicinales. Visiter l’un de ces marchés est un bon plan pour se faire une opinion sur les productions maraichères diversifiées. Pour l’exemple, de nombreux étalages proposaient à la fin du mois de mars des bottes d’ail des ours, plante réputée pour ses vertus. En effet il a une forte teneur en vitamine C et des propriétés purifiantes de l’organisme.

Art de rue à Arad

L’art de rue  est présent à Arad, même s’il est encore à la recherche d’une véritable identité. J’ai cependant noté un très beau tryptique peint dans le parc Copiilor. J’ai également trouvé un exemple d’appropriation de mobilier urbain ainsi que des collages ou l’utilisation de pochoirs. Avec le temps, petit Art de la rue deviendra grand et gagnera en diversité.

Arad la ville verte

L’imposant boulevard de la Révolution dont la partie centrale réservée aux voies de tramway est totalement arborée. La végétation est le marqueur des saisons, au printemps viennent les feuilles et les bourgeons, en été l’ombrage apporte un peu de fraîcheur, à l’automne elle devient lumineuse. En hiver les arbres dépouillés sont le refuges des corneilles. La falaise est un chemin de digue aménagé en voie piétonne et cyclable qui longe la rivière Mureș. De nombreux stades et terrains de tennis bordent la rivière, il y a aussi des restaurants en terrasse qui offrent une vue reposante sur la rivière Mureș. C’est ici que se retrouve un large échantillonnage de la population, des retraités qui se retrouvent autour de tables de jeu dans le parc Copiilor, des étudiants qui y viennent se détendre, des promeneurs en quête d’un moment de fraîcheur ou encore des joggeurs. Le tableau générationnel ne serait pas complet sans les familles qui accompagnent leurs enfants qui jouent sur les équipements ludiques.

L’avortement dans un pays très religieux

Des sculptures en bois, exposées au centre d’Arad depuis 2016 exhorte les passants avec le message suivant :  ” Arrêtez l’avortement ne tuez pas !” m’ont incité à glisser les liens suivants :

  1. Source complémentaire d’information concernant les sculptures bois présentées boulevard de la Révolution.
  2. CAFEBABEL est un magazine participatif créé par les étudiants Erasmus en 2001. Il parcourt l’actualité médiatique pour sensibiliser les jeunes en Europe. Voici un article publié dans le magazine au mois de Janvier 2017. Analyse historique de l’avortement en Roumanie et un plaidoyer pour le droit des femmes  de disposer de leur propre corps.

 

2 pensées sur “ARAD, patrimoine urbain en Transylvanie

  • 12/07/2017 à 6:19
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    juste un petit passage pour laisser une trace après ce remarquable reportage. J’ai aimé la découverte de la ville et j’ai lu avec intérêt l’histoire de l’avortement en Roumanie et ailleurs.
    La mort de Simone Veil résonne en creux de cet article. Rien n’est jamais acquis pour les femmes. Tu aurais pu aussi bien citer la Chine au sujet de laquelle j’ai suivi un reportage sur France Culture il y a peu avec la stérilisation, des femmes, leur enlèvement…

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    • 17/07/2017 à 7:21
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      Merci pour l’intérêt porté à ce reportage sur la ville d’Arad. Comme tu le fais remarquer rien n’est jamais acquis pour les femmes à travers le monde. Heureusement, Simone Veil a montré le chemin en France en ringardisant les opposants. Je lui voue un grand respect, je garde d’elle son regard limpide, bienveillant et déterminé. Et un courage pour affronter la Vie. En Chine et en Inde il y a tellement à faire pour donner un statut égalitaire à la femme. Je pense qu’il faudra des générations pour connaître une évolution. C’est dans ce domaine que les dirigeants doivent légiférer pour faire évoluer les mentalités, à la condition qu’ils en aient le vouloir.

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