Repas des moines à Mahagandayon
Moines Mahagandayon - le défilé, les pots à offrande sont tenus serrés contre le corps.

Repas des moines à Mahagandayon

Le repas des moines de Mahagandayon est un rituel quotidien bien réglé.

La précédente note présentait la préparation du repas des moines en cuisine. Elle montrait la gigantesque intendance mise en place pour assurer l’alimentation quotidienne de 1000 moines. A l’instar des préparatifs en cuisine, le repas des moines est un rituel aussi bien rôdé. Ainsi ce sont d’abord les novices qui défilent avec leur bol à aumône pour recevoir l’unique repas quotidien. Les moines suivent enfin les maîtres monastiques clôturent la cérémonie.

Le réfectoire unique accueille 1000 moines humbles et recueillis

Le réfectoire est une vaste bâtiment dont la capacité d’accueil est importante. En dehors de cette considération de capacité ce qui frappe ici est l’ordonnancement spartiate de la salle. Afin d’optimiser l’espace, les tables basses sont alignées en rangs serrés sur plusieurs dizaines de mètres. Par ailleurs, comme la plupart du temps en Asie, il n’y a pas de chaises. En conséquence les moines s’assoient les jambes croisées pour se restaurer. Le repas se déroule dans une ambiance monacale, le silence et le recueillement règnent. Les regards fixent le sol en signe d’humilité. Au final l’ensemble des symboles témoignent d’une ambiance austère qui rappelle que le repas reste avant tout une nécessité alimentaire. Et que de fait, la véritable nourriture du moine bouddhistes est spirituelle.

Le bouddhisme est profondément ancré en Birmanie

Pour comprendre la présence d’autant de moines à Mahagandayon, il faut avant tout considérer l’importance de ce centre religieux. Puisqu’il est l’un des plus importants de Birmanie. Par ailleurs le bouddhisme est profondément ancré dans la vie quotidienne de tous les birmans. Aussi n’est-il pas étonnant d’en dénombrer plusieurs centaines de milliers. En conséquence, il y a un ou plusieurs moines et nones dans quasiment toutes les familles du pays. De là rien d’étonnant à ce que de nombreuses familles surtout aisées fassent des donations aux monastères. Les donations aux monastères sont donc un acte de charité naturel. Au regard des ressources disponibles, ce sont les familles aisées qui contribuent le plus. Concernant l’alimentation des moines, les donateurs doivent s’inscrire sur des listes pour planifier leur contribution ainsi que leur participation active à la préparation des repas.

Les moines birmans sont proches de la population

Les moines birmans s’engagent profondément dans la vie quotidienne aux côtés de la population. Un engagement qui a parfois un prix. Ainsi à Mahagandayon,en 2007, durant la révolution de Safran, la junte militaire assassina des centaines de moines en révolte contre le système en place.

Le statut des moines birmans

Forte intégration des moines à la société mise à part, ces derniers bénéficient aussi d’un statut particulier. Il se traduit par des pratiques et un vocabulaire spécifique ainsi que des interdits. Autre exemple parlant, ils bénéficient de sièges gratuits réservés dans les transports. La vie monastique est un engagement libre. Par ailleurs Il n’est pas rare de voir un père quitter femme et enfants pour se consacrer le restant de sa vie à Bouddha. À Mahagandayon, le monastère accueille aussi des enfants orphelins qui n’ont pas le choix de leur destin. Des familles éloignées placent aussi leurs enfants afin qu’il reçoivent une éducation pendant plusieurs années. A terme ils pourront choisir de retourner à la vie civile s’ils le désirent.

Galerie : Repas des moines


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Cet article a 6 commentaires

  1. Superbe galerie où on en prend plein les yeux. J’ai vu de ces scènes au Cambodge et en Thaïlande mais les robes des moines y sont plus souvent safran. En tout cas c’est une série qui cultive avec les notes données et qui dépayse aussi.

    1. J’ai été aussi submergé par cette intense animation, c’est effectivement un moment rare.

  2. Très belle série photographique dont certaines sont illustrées de quelques mots.
    Quel dommage que le Bouddhisme qui jusqu’à il y a quelques années, n’avait pas de sang sur les mains ait vu naître la violence en Birmanie avec les moines véhiculant une idéologie islamophobe bien loin de la philosophie du Bouddha.
    Ils ont subit la violence de la part de la junte militaire et la reproduise avec les Rohingyas.
    Cela dit, dans ce pays, l’acceptation et même l’utilisation délibérée de la violence a toujours été présente dans le discours du bouddhiste birman ;-(
    As tu eu l’occasion d’assister aux débats philosophiques ?
    Merci pour ce partage.
    Bonne soirée

  3. Je dois préciser que ce voyage date de 2011. Avec mon épouse j’ai réalisé en solo un périple en Asie de 3 mois. Je dispose donc d’une photothèque particulièrement fournie que je décide de publier de temps à autre. En 2011 l’accès à la Birmanie était très contrôlé car la junte militaire était toujours au pouvoir. J’ai obtenu un visa à l’ambassade du Myanmar à Bangkok. Ensuite, l’usage de la carte bleue était bannie par le blocus bancaire due au boycott du régime en place. Il fallait donc entrer au pays avec des devises US en poche. Cette situation particulière ne facilitait pas un séjour à long terme. J’y ai cependant passé 15 jours. Suffisamment de temps pour avoir un aperçu de ce merveilleux pays à la population vraiment accueillante. Compte tenu de la situation politique j’ai décidé de ne pas utiliser de services gouvernementaux. L’argent nécessaire au transport, aux visites a été distribué aux société privés et à des particuliers pour l’hébergement. Mon voyage a eu lieu avant le nettoyage ethnique (je n’aime pas beaucoup le terme) mais il est malheureusement juste. Je note au passage que Aung San Suu Kyi prix Nobel de la paix n’est pas beaucoup intervenue pour protéger les Rohingyas le massacre a été perpétré majoritairement par l’armée birmane à ma connaissance. même si des moines bouddhistes extrémistes y ont participé. C’est vrai que l’armée birmane a une longue tradition de violence qui vient de loin. Pour exemple, les femmes girafes, pourchassées de leur pays qui ont été accueillies en Thaïlande qui les exploitent en les enfermant dans des parcs à touriste sans qu’elles aient les mêmes droits que les citoyens thaï. A Rangoun, notamment il y a possibilité d’assister à des cours bouddhiques, mais le temps ne m’a pas permis car une seule session correspond au moins à une semaine.

  4. Tes photos sont magnifiques, même que la massification rouge donne un peu le tournis…je blague:-)
    Donner nourriture et éducation aux enfants est fantastique, vivre de la charité pour les adultes moins bien sûr.
    Rien n’est parfait…
    Bon week-end Sergio

    1. La charité dans le bouddhisme coule de source car les moines doivent faire l’aumône tous les jours pour recueillir leur nourriture en toute humilité. C’est la tradition. Elle est partagée par toute la population. Par exemple à Luang Prabang au Laos, tous les matins aux aurores les moines défilent le bol à aumônes en main. Ils reçoivent les offrandes pour la nourriture quotidienne, ce n’est donc pas particulier à la Birmanie. Bonne fin de semaine Colette

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